Le Conseil fédéral a présenté aujourd’hui les dispositions d’exécution de la loi sur le CO2 pour la période postérieure à 2024. Avec cette ordonnance, le Conseil fédéral propose une exécution minimaliste de la loi sur le CO2. Le PS Suisse critique vivement cette manière de faire, qui met à mal l’espoir d’atteindre les objectifs de la loi sur le climat et l’innovation. Seuls des investissements publics massifs permettront de faire face au plus grand défi de notre siècle, comme le propose l’initiative pour un fonds climat.
Suite à la procédure de consultation, le conseiller fédéral Albert Rösti, ancien lobbyiste du pétrole et de l’automobile, a présenté aujourd’hui le projet de dispositions d’exécution de la loi sur le CO2 pour la période 2024. Face au constat que les mesures proposées pour atteindre les objectifs climatiques de la Suisse seront insuffisantes, il propose de revoir les objectifs à la baisse. « Cette manière de faire est indigne : lorsque l’on se fixe des objectifs, on doit prendre les mesures nécessaires pour les atteindre, et non pas les revoir à la baisse », déclare la conseillère nationale socialiste Martine Docourt (NE). « La voie proposée aujourd’hui par Albert Rösti est un pas en arrière pour la protection du climat. »
Les seuils de référence par secteur proposé sont particulièrement problématiques. « Non seulement ceux-ci manquent clairement d’ambition, mais ils excluent en plus l’agriculture », critique la conseillère aux États socialiste Mathilde Crevoisier Crelier (JU). « Pour atteindre la neutralité climatique, il est essentiel de stocker durablement le CO2. Dès lors, la durée de 30 ans fixée par le Conseil fédéral est beaucoup trop courte et fait fi des données scientifiques, qui indiquent que plusieurs siècles sont nécessaires. Finalement, les allègements prévus dans le domaine des importations de voitures sont inacceptables et ne permettront pas de rendre la circulation routière plus respectueuse du climat. »
Pour le PS Suisse, il est évident que la Suisse peut et doit faire plus en matière de protection du climat. Seuls des investissements publics massifs dans la transformation écologique de notre pays permettront de relever efficacement le plus grand défi de notre siècle et d’atteindre les objectifs de la loi sur la protection du climat et de l’innovation. C’est ce que demande l’initiative pour un fonds climat, qui sera discutée la semaine prochaine en commission.